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Pour célébrer la Journée internationale de la femme, la série d’entretiens des grandes dames d’Azimo aborde notamment les questions de l’égalité des sexes, des sources d’inspiration et frustrations sur le lieu de travail. Cette semaine, nous discutons avec notre directrice du développement commercial, Dora Ziambra.

Quel est votre rôle chez Azimo ? Comment en êtes-vous arrivée ici?

L’intitulé officiel de mon poste dans l’entreprise est directrice du développement commercial, mais c’est une fonction en constante évolution car Azimo se développe très rapidement. Je dis toujours que ma tâche est simple : permettre à l’entreprise de s’agrandir et de s’améliorer. Je suis donc impliquée dans de nombreux domaines : des projets stratégiques à l’expansion internationale, en passant par la levée de fonds. J’ai débuté ma carrière au sein de services financiers traditionnels, puis je suis passée dans le secteur des technologies financières il y a quelques années.

Pensez-vous que les femmes sont bien représentées au sein de l’entreprise ?

Les femmes sont très bien représentées dans l’entreprise : 38 % des employés d’Azimo sont des femmes, ce qui est bien au-dessus de la moyenne du secteur. Notre directrice générale et cofondatrice, Marta Krupinska, est un atout majeur dans le domaine des technologies financières, et nous avons des femmes très compétentes dans toute l’entreprise, aussi bien au Royaume-Uni qu’à Cracovie. 

Et qu’en est-il au sein du secteur des technologies financières en général ?

Les technologies financières sont issues du secteur des services financiers, qui a toujours été dominé par les hommes, il y a donc encore un problème d’égalité entre les sexes dans l’ensemble du secteur. Le plus grand défi auquel j’ai été confrontée dans ma carrière se situait certainement dans les salles de marché où la pression pour faire partie de l’équipe était parfois intense. Toutefois, les entreprises commencent à suivre l’exemple d’Azimo et les choses évoluent dans le bon sens.

Selon vous, comment l’égalité des sexes a t-elle évolué récemment ?

D’importants progrès ont été accomplis. Par rapport à ma grand-mère et même ma mère, j’ai pu faire des choix de vie beaucoup plus ambitieux, loin de ce qui aurait été perçu comme un rôle « traditionnel ». En même temps, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour obtenir une égalité complète. 

Selon vous, dans quels domaines les progrès ont-ils cessé ?

Les progrès sont vraiment au point mort dans les postes à responsabilité : le nombre de femmes dans les conseils d’administration et exerçant des fonctions de haute direction est malheureusement encore très bas. Il est inquiétant de constater que les progrès sont aussi au point mort à la maison. De plus en plus de femmes sont diplômées et sont entrées dans la vie active. Mais elles sont toujours responsables de 80 % du travail en dehors du bureau : elles s’occupent des tâches ménagères, des enfants ou des parents âgés. 

Pourquoi le changement est-il plus lent sur le lieu de travail qu’ailleurs ?

Je crois que les préjugés inconscients constituent le plus gros obstacle psychologique à l’égalité sur le lieu de travail. Si les gens (et j’inclus les hommes et les femmes) se fondent sur des stéréotypes sociaux et sexistes profondément ancrés pour prendre des décisions rapides, la diversité ne peut tout simplement pas réussir. 

Comment les lieux de travail pourraient-ils s’améliorer en termes d’égalité entre les hommes et les femmes ?

En devenant vraiment égaux ! Les hommes et les femmes doivent être traités de la même manière en termes de salaire, d’avantages, de possibilités d’évolution et de congés. Le gouvernement doit également repenser la scolarité et la garde d’enfants : les écoles doivent rester ouvertes pendant les heures de travail normales.

Selon vous, quel est le plus important problème d’égalité des sexes auquel les femmes sont actuellement confrontées au Royaume-Uni ?

Les préjugés inconscients, sans aucun doute. C’est le plus important problème auquel les femmes sont confrontées car ces préjugés sont profondément ancrés dans l’esprit des gens et très difficiles à changer.  J’ai récemment publié un article sur Facebook concernant ce problème de préjugés inconscients et devinez qui a répondu ? 11 femmes et seulement un homme. Alors il nous reste peut-être encore du chemin à parcourir pour changer les perceptions ! 

Quelle est le meilleur conseil que vous ayez donné et que vous donneriez aujourd’hui à de jeunes femmes ?

Le meilleur conseil que l’on m’ait donné est : « N’aie pas peur de l’échec ! ». Trop souvent, les femmes essaient d’être parfaites en tout point dans leur vie, pour correspondre aux stéréotypes sexistes traditionnels. Mais vous ne devez pas essayer de rentrer dans un moule que les autres ont créé pour vous.

Pensez-vous que les ambassadrices de bonne volonté de l’ONU telles qu’Emma Watson ont contribué à changer l’opinion là où c’est vraiment important ?

Je considère qu’il est très important que des personnalités comme Emma Watson défendent l’égalité entre les hommes et les femmes, mais je pense également que nous avons besoin de plus de modèles de toutes les couches de la société. Les entreprises doivent embaucher plus de femmes dans des postes à responsabilité et subalternes, car cela renforcera la confiance portée aux femmes. Enfin, pour changer l’opinion là où c’est vraiment important, nous devons élever les garçons et les filles dans le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes. 

Étant vous-même une femme d’affaires accomplie, quelle femme dans le monde des affaires vous a particulièrement inspirée ?

Monica Brand m’a vraiment inspirée. C’est une investisseuse et entrepreneuse très accomplie mais elle a vraiment les pieds sur terre et est très accessible. C’est un excellent modèle. Elle vient de créer un nouveau fonds pour investir dans des start-ups favorisant l’inclusion financière sur les marchés émergents. Je viens également de lire un livre sur les grands innovateurs et un chapitre y est consacré à Ada Lovelace, la « Comtesse de l’informatique ». Son histoire est fascinante : elle a été une pionnière victorienne de l’ère informatique et représente un symbole fort pour les femmes d’aujourd’hui travaillant dans le secteur technologique.